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  • : Le blog de PAPYCOUSTEAU
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  • : Voyages, plongée-sous-marine, récits, histoires, citations, pensées, maximes, proverbes du monde entier. Le tout illustré par des photos de France et d'ailleurs...
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6 novembre 2010 6 06 /11 /novembre /2010 00:06


TRISTE   PLONGÉE


                                                          La seule vrai tristesse
                                                                     est dans l’absence de désir.

                                                                                                  Charles-Ferdinand RAMUZ  (Journal).


 

          Aux confins du Massif des Maures et du golfe de Saint-Tropez, la Baie de Pampelonne, blonde et joyeuse, vous propose l’une des plus charmantes plages de la Méditerranée.
              Dès les premiers jours de "La Saison", entre le Cap du Pinet et le phare de Camarat on y sent bon le sable chaud... Les fragrances émanant des chèvrefeuilles et des pins maritimes se mêlent  au parfum délicat du lys des sables. La brise marine, dans sa bienveillante fraîcheur, fait de ce site tropézien un véritable petit paradis exotique.
             De subtiles senteurs de monoï s’exhalent en de pesantes bouffées d’une multitude d’apollons, d’éphèbes et de naïades dénudés, foule massive gorgée de produits huileux, cohue luisante à souhait sous le soleil. Bourdonnante comme un vol de mouches hors du rucher natal, immobile et stagnante près des flots, telle est la faune estivale, qui, chaque année à pareille époque, vient se ressourcer à la mer originelle...
               Néanmoins la Grande Bleue est assez peu pratiquée par cette gent bronzée : Juilletistes et Aoûtiens ne sont pas particulièrement sportifs... Seuls quelques rares doigts de pieds favorisés ont le privilège d’être conviés aux bienfaits d’une thalasso miniature.
              C’est pour une raison inverse, si l’on peut dire, que notre ami Alain avait installé sa caravane à “La Piboule”, dans les sables d'un bosquet de mimosas ombrageant l’arrière plage de Moorea. Son Zodiac, sa petite famille et lui-même, avaient ainsi toute la mer à leur libre disposition. Une position stratégique pour une famille de vrais sportifs.

            Surtout pour lui, plongeur invétéré, qui, chaque matin, devançant l’occupation des rivages marins par une foule envahissante, traînait son embarcation gonflable sur la grève jusqu’à atteindre les premières vaguelettes. Il trimbalait ensuite son pesant moteur Evinrude, ses blocs et son équipement de plongée. Inutile de vous dire que tous les jours, ses va-et-vient réalisés d’une   allure véhémente et sévère, réjouissaient le petit monde des plagistes du cru. Ils regardaient l'énergumène s’agiter avec une fébrilité inconnue des méridionaux. Sous leurs regards amusés mais néanmoins bienveillants, Alain se sentait un peu la vedette incontestée des lieux, aussi, d’un air satisfait prenait-il fièrement le large  avec son bateau en direction de Saint-Tropez ou de Cavalaire. Son but unique: l’exploration des fonds aquatiques ...

             Mais, il va de soi que ne connaissant aucun amer, les plus beaux sites sous-marins lui échappaient un peu. Bancs de sable et champs de posidonies, tel était pratiquement son lot de chaque jour. Mais il s’acharnait. Entre deux eaux , il palmait, solitaire, en ratissant du regard et de long en large les étendues marines ... Son Zodiac, relié par un bout à sa ceinture, n’était en fait qu’une remorque plus ou moins docile qu’il promenait de cap en cap et dont la volonté à bien le suivre dépendait du bon gré des vagues et du vent. De ces parcours subtils, il ne remontait à son bord qu’à regret, à vrai dire uniquement lorsque que le débit faiblissant  et sporadique de son détendeur, l’avertissait du manque évident d’air comprimé dans son bi (1). Heureusement, ce n’étaient là que balades peu profondes qui ne nécessitaient aucun palier de dessaturation..
Néanmoins, l’espoir d’inventer une belle épave, grecque ou romaine mais surtout vraiment et totalement inconnue, transformait notre athlète en un forçat de la palme traînant son boulet, derrière lui, pardon je voulais dire son navire.
                  C’est au cours de l’une de ces expéditions, qu’avec mes amis, Michel Lévêque, Lulu Garcin et Bernard Laliève nous avons fait sa connaissance. Nous plongions au “Sec Rousséou” et depuis plus d’une heure nous avions remarqué la lente dérive en notre direction d’un pneumatique sans occupant. Ce vaisseau fantôme allait toucher notre poupe lorsqu’Alain fit surface sous nos regards surpris. D'une main, il s’accrocha au plat-bord arrière de notre Rocca.
                   Nous l’invitâmes à monter à bord, ce qu’il fit sans hésiter, empruntant notre échelle de coupé. Il paraissait fatigué mais néanmoins heureux ... sans doute satisfait de ne pas devoir se hisser à la force des bras sur le boudin rebondi de son embarcation. 
                    Tous les quatre, nous étions sur le point de casser une petite croûte, comme il était de bonne tradition lors chacune de nos sorties sur “L’Escalet” et tout naturellement, il fut de la fête.
               Sans nul doute, malgré son allure de farfelu inspiré, ce sympathique garçon,  étant un plongeur confirmé et de niveau III, ainsi que nous l'apprîmes, méritait mieux que d’arpenter sans fin les abords de la bronde (2)...    Aussi, dès la première bouteille de Tibouren éclusée, nous lui proposions de se joindre à nous pour sa sortie du lendemain.
                    Séance tenante, rendez-vous fut pris afin de se retrouver directement sur place. Nous étions restés sur site et lui indiquer les enseignures exactes, rien de plus facile : D’un côté, l’une des fenêtres du “Château de La Messardière” occultée en partie par la colline et de l’autre le sentier “Camille” dans la carrière de pierre en forme de virgule. Impossible de se tromper, d’autant plus, ajouta-t-il en riant, “que juste à proximité, j’ai remarqué un filet de pêche aisément repérable par son signal, une bouée à drapeau jaune”.
                   - Ciao, les gars ! A demain matin, nous crie-t-il en poussant la manette des gaz.
              Nous le regardions s’éloigner, fonçant droit sur la plage, lorsque subitement il fit demi-tour et revint vers nous à vive allure.
                 - Je serai sûrement sur place le premier, hurla-t-il sans ralentir son engin, lequel faillit nous heurter. Après un virage en dérapage, il se rapprocha à nouveau de nous pour confirmer :
                - J’en ai pour cinq minutes à venir ici, j’assurerai le mouillage. Allez, à demain huit heures ... sans faute !
              Toutefois, par politesse envers notre invité, nous sommes arrivés sur le lieux de rendez-vous bien avant l’heure  prévue. Nous avions relevé nos amers, largué notre grosse ancre sur le sable, non loin de la grotte sous-marine et... scruté en vain la baie... Aucun sillage annonciateur du Zodiac.
                Nous avons attendu fort longtemps. Vers neuf heures, un instant, nous avons pensé que c’était notre homme, qui, bizarrement, arrivait du fin fond de la “Tête de Chien”. Eh non, ce n’était pas Alain, mais vraisemblablement un amateur de pêche à la palangre, lequel s’immobilisa d’ailleurs un bon mille avant de nous atteindre.
                Il se faisait tard. De toute évidence, notre nouvel ami ne viendrait pas aujourd’hui ... nous plongerions sans lui.
                Effectivement, Lulu et Michel s’immergèrent. A leur retour, nous n’avions toujours aucune nouvelle de notre énergumène. Cela ne nous empêcha pas, Nanar et moi-même, de nous mettre à l’eau à notre tour.
               Trente minutes plus tard, installés sous le parachute, à trois mètres sous notre bateau, nous finissions tranquillement notre palier, lorsque le bruit déchirant d’un moteur en survitesse vint nous agacer les tympans en ronflant au-dessus de nos têtes.
               Nous faisons surface, agressifs... Quel est donc l'abruti qui ne respecte pas le pavillon de plongée ? Hein ? Je vous le donne en mille : c’était lui ! C'était notre invité ! Il semblait passablement affolé et les mots sans suite qu’il bredouillait se perdaient dans les sonorités du hors-bord. Comme toujours en pareilles circonstances, le fait de retrouver un visage connu apaise l’hostilité que nous pouvons ressentir à l’égard d’un quidam imprudent. Nous lui faisons signe d’arrêter son moulin.
                 Il se met à couple à notre bordage. Enfin le silence !
                 Nous partons tous d’un grand éclat de rire lorsque nous comprenons que le “pêcheur à la palangre” aperçu au loin, c’était Alain. Il nous précise que depuis une bonne heure et demie il  attendait notre arrivée en stationnant vers une bouée à drapeau jaune.
                  Il avait pris la mer en temps utile, fonçant un moment droit au large, puis il avait tiré sur la plage, malheureusement sans se soucier des indispensables points de repère. Perdu, mais prudent, à vitesse réduite pour mieux voir, il avait effectué de larges cercles. Belle manoeuvre : à la longue il avait  fini par repérer un filet... sans penser un seul instant que, durant la nuit, le pêcheur avait relevé son matériel pour le disposer à l’autre bout de la baie.
              Sacré Alain, va ! C’est beau la patience.
                   - Allez, à demain, même place, même heure !
                   - O.k, pas de problème !
                  Le lendemain, du plus loin qu’il nous aperçoit, notre énergumène se met debout sur son Zodiac assez instable dans le clapot. Il nous adresse de grands signes en agitant avec énergie son pavillon de plongée. Il le conserve à bout de bras jusqu’à notre arrivée près de lui.
                   Heureux comme un enfant qui sort de l'école, il est fier d’être arrivé le premier sur les lieux. Il fanfaronne :
               - Ohé les gamins, ça fait déjà un bon quart d’heure que je vous attends!  Aujourd’hui, j’ai fait gaffe !...
                   Oui!... Il avait balancé à l'eau son petit grappin, à priori au bon endroit, toutefois il avait omis de dégager l’anneau de sécurité de ce dernier, ainsi, il ne pouvait s’ouvrir pour se crocheter. De plus il n’avait  largué que trente mètres de bout, abusé par le fait que touchant le fond, pour lui, le mouillage semblait assuré. Malheureusement, la dynamique des vagues, si elle berçait son esquif, faisait aussi sautiller sur le relief du fond son ancre trop légère. En conclusion, poussé par le souffle d’une modeste brise de terre, il  subissait à son insu une dérive inopportune en direction du large. Maintenant son ancrage pendait dans le vide.
                     Nous sourions ...
                    Nous lui suggérerons de consulter le sondeur: moins soixante. Cette profondeur ne semble pas le gêner outre mesure,  Ce n’est pas notre sentiment mais le profil tourmenté du tombant nous intéresse car il remonte rapidement côté terre, aussi décidons-nous de revenir un peu à l’intérieur de la baie: ce nouveau site nous intrigue.
                     Moins trente cinq, notre ancre et sa chaîne filent rapidement vers le fond tandis que    notre ami relève son “fil à plomb” devenu inutile et amarre son bateau à notre taquet arrière.
                     Quelques instants plus tard, une première palanquée de trois plongeurs, s’immerge. Je reste en surveillance de surface avec Alain. Il s’active aussitôt sur son matériel et s’équipe hâtivement. Je lui signale qu’il risque de mijoter un bon bout de temps dans sa combinaison... Rien n’y fait... Pour conclure... (ou ne plus m’entendre) il enfile sa cagoule, s’assied sur son bloc et se cale le dos à la cabine. A mon avis, il entre en méditation, car, bras ballants, les yeux clos, la bouche entrouverte, il expire si profondément que, replié sur lui même, je le sens tout à fait amorphe sous le soleil. Laisse tomber... On dirait un "bienheureux".
                     Le temps passe, il m’inquiète: le voici maintenant qui penche mollement la tête sur le côté.  Déséquilibré, il bascule brutalement et heurte du visage le coin de notre glacière garde-manger. Le  résultat est immédiat, un authentique œuf de pigeon bourgeonne au-dessous de son œil gauche.  Énergique, je tente, sur le champ, de réduire les dégâts au minimum par l'application immédiate d'une compresse de glaçons sur la bosse.
                     C’est la minute de repos... sauvé par le gong... du k.o... heu ... de l’insolation.
                     Bon, il récupère, bredouille un mot d’excuse en parlant de maladresse, s’assied sur le bordage, et, pour se rafraîchir les idées ... se laisse glisser doucement dans l’eau, à la renverse...
                     - Bougre de couillon ! Arrête de me marcher dessus! Dis fada, c’est pas parce que je suis de Marseille qu’il faut me prendre pour la Cannebière.
                    C’est Lulu, qui surgissant des profondeurs,  exprime son mécontentement. Alain vient de lui tomber dessus ...
                     Vraiment il commence à faire fort "le vacancier"! Bernard et Michel ont regardé la scène du dessous en finissant leur palier, ils font surface à leur tour. L’incident est clos dans l’hilarité générale  lorsqu’ils montent à bord et que le touriste, la mine contrite, explique le coquard qui lui colore la face.
                      Lulu, tout en se déséquipant, nous adresse commentaires et recommandations :
                      - Ho ! Les minos ... inutile de trop descendre. A quarante les gorgones caméléons sont fantastiques. Vous allez voir un congre sous la roche de la grotte qu’il est grand comme ça et qu'il minaude avec une superbe mostelle! Et alors je vous dis pas, les langoustes... on se croirait “Chez Camille(3) ! Qué belle plonge !
                    Le hasard fait bien les choses n’est-ce pas ?
                   Il ajoute:  - Ah! Que je te dise, "Cousteau" (4), tout au fond, j’ai aperçu une jolie nacre (5), elle est dressée juste à côté du mouillage. Énorme... alors fais attention quand tu iras désenraguer l’ancre, magnifique comme elle est il serait grand dommage de la briser,  elle doit encore grandir.
                       - Pour sûr que je vais te la sauvegarder, ta  “pinna gigantica”, mon cher Lulu.
                       Dernier briefing avec Alain. Il souhaiterait descendre en tête de la palanquée. Ok, c’est parti, il saute le premier et disparaît immédiatement dans le bleu. Sans délai je le suis. Je l’aperçois qui file comme une gueuse vers le fond, les bulles d’air “bien dans la raie des fesses”.
Hé ! loufoque mais étanche mon compagnon, pensais-je. Il me le démontre en fonçant droit sur l’ancre. Très bien, il va se charger de déplacer la chaîne pour protéger la magnifique nacre signalée par Lucien.
                         Horreur ! L’Affreux... mais que fait-il ?
                        Je le vois qui saisi le bivalve à deux mains et le secoue vigoureusement de droite à gauche jusqu’à  le décrocher du sol... un véritable forcené.
                      J’arrive sur lui. Trop tard ! Courroucé mais inutile, je lui manifeste mon mécontentement avec vigueur en agitant à hauteur de sa joue ma main droite grande ouverte:                 
                         - Tu mérites une bonne gifle! 
                         Lui, radieux, me brandit sa victoire à bout de bras, et, sans prêter attention à mon geste   de menace, il va déposer son coquillage un peu plus loin sur la roche. Satisfait de son exploit, dans une révérence inspirée par sa flagornerie, il me propose en grand seigneur de prendre les devants.
                         Je ne vous décrirais pas la plongée. Nous atteignons moins cinquante mais, pour moi, le cœur n’y est pas. Et puis, à cette profondeur, ça ne dure jamais très longtemps.
                         Nous voici donc de retour au mouillage et Alain me regarde faire. Avec précautions, je dégage l’ancre et  j’y accroche mon parachute de palier. Je gonfle ce dernier, tout juste ce qu’il faut pour aider au décollage et j'aide l’ensemble à s’élever lentement du fond vers la surface tout en gérant le volume de mon gilet stabilisateur.  Quinze mètres environ de remontée sont ainsi parcourus. Encore quelques coups de palmes et j’atteindrai la boucle que forme maintenant la pendille du mouillage que je devine dans l’eau trouble. Mon acolyte me suit juste au-dessous de moi. Tout va bien. J’arrive à la hauteur de la chaîne et m’en saisis d’une main.
                        Subitement, je me sens tiré vers le bas. C’est Alain. Accroché à ma palme, il témoigne d’un certain désarroi.  A plusieurs reprises il pointe son index avec insistance en direction du fond. 
                       Quoi ?... Un requin ?...
                       Mais non !... L’imbécile ! Il a tout simplement oublié sa nacre ...
                       Les avant-bras en croix de St André, je lui fais le signe “terminé” et j’insiste, pouce levé à plusieurs reprises, je lui intime l’ordre de poursuivre l’ascension. Pour toute réponse il purge son air de son gilet. Il se laisse redescendre en position debout et me regardant, il me fait un magnifique bras d’honneur. Nous avons légèrement dérivé ... Je lui indique quand même le bon cap. Calmement, il se met à palmer pour aller récupérer son bien. Si je veux éviter qu’au retour nos paliers soient de durées différentes, il ne me reste qu’à le suivre. Je lâche donc le mouillage et le rejoins.
                        Je ne suis pas content du tout. Alain le comprend aussitôt à ma façon de le regarder. Alors, dans un geste de paix, tenant son trophée sous un bras et éloignant son détendeur de ses lèvres... il m’adresse une bise en agitant la main...
                        Quel salopard !
                        Bon, suffit, on remonte faire nos paliers.
                       Cependant, libéré de son ancrage “L’Escalet” a dérivé hors de notre champ de vision. Ne voyant plus nos bulles dans sa proximité immédiate, Monseigneur, compréhensif, fait vrombir son moteur pour nous guider au son. La solidarité des gens de mer... c’est également ça.
                        Allez ... Une dizaine de coups de palmes dans la bonne direction et je repère le bloc de sécurité qui nous attend au pendeur. Ouf ...! Paliers tranquilles à l’abri sous notre bateau. Quelques minutes plus tard, décontractés et dessaturés,  nous émergeons enfin.
                         - Alors, les gars , qu’est-ce que vous foutez ?
                        Bernard posait la bonne question. Une heure dans la flotte, ça intrigue.
                        Bref, en macho confirmé Alain brandit sa prise hors de l’eau et crie victoire :
                        - Formidable, j’ai eu bien de la  peine, mais je l’ai eue  !
                       Incroyable, il n’a rien compris. Que lui dire ? Pour l’instant, je me contente d’un bref “Basta, allez monte !” qui le fait se retourner vers moi, l’air surpris. Puis souriant :
                       - Heureusement, t’étais là l'ami, sinon elle était perdue. Merci mon vieux ! Super, elle fait au moins quatre-vingts centimètres de haut. C’est rare de trouver une belle “applique” de cette taille (6), surtout à cette profondeur (7). Je la vois déjà à la maison, éclairant un coin de mon salon... Ça, c’est de la décoration!
                       L’infâme, il persiste... et signe !
                      Alors que penché sur le bastingage, Bernard allait se saisir de la nacre présentée à bout de bras par Alain, celui-ci, en s’esclaffant, fait demi-tour.
                      - Non, non, pas de ça gamin, elle est pas t’à toi. Pour la mettre en sécurité, je vais aller la planquer dans mon bateau à moi.
                      Zzziiiiippp ! Pchhhhhiiiiiiiii !!!

                Le maladroit a glissé et est tombé malencontreusement dans son Zodiac avec son trophée. Telle une lame de rasoir, le tranchant du coquillage vient d’éventrer le boudin gauche du Zodiac. Une longue déchirure, plaie béante, a transformé d’un souffle la frêle embarcation en une épave lamentable. Pourtant, il flotte encore.
                      - Merde! C’est tout moi, ça ! s’exclame-t-il. Je sais vraiment tout faire, même un naufrage ! Sacrebleu, je suis un sacré pirate. Vous voyez, absolument rien ne me résiste... Il ne croyait pas si bien dire... le flibustier!
                      La justice immanente n’est pas un vain mot ... Passons ...
                      - Une chance pour nous, ma cave est sauvée de l’explosion... ajoute-t-il en riant. Il s’empresse de récupérer ses bonnes bouteilles à son bord avant de nous rejoindre.
                      Enfin il conserve le moral. Que pouvons-nous lui exprimer maintenant ? Il nous semble suffisamment puni par où il a péché.
                      - Bon, alors, ce p’tit mangement, on s’le fait les gars? Les émotions, ça creuse, vous    n’direz pas le contraire? Faut pas se laisser aller et j’connais un truc pour se remonter le moral déclame-t-il en se saisissant de son tire-bouchon. Passez-moi les munitions, bon appétit, messieurs et à votre santé!
                      Il a raison, nous passons aux agapes et attaquons nos vivres. Une demi-heure plus tard, Alain le Fataliste, péremptoire, nous annonce à brûle pourpoint qu’il a pris la décision de regagner la côte par ses propres moyens, et surtout sans notre assistance.
                       - Je me targue d'avoir toujours été un homme seul, hier comme aujourd’hui, et  croyez-moi, j’assume !
                       Pourtant le Zodiac est bien loin d’avoir fière allure avec son boudin flasque et hors de service. Mais, il faut le reconnaître, bien que bancal, le radeau flotte toujours.
                       Réflexion faite, à vitesse réduite, tenter sa chance est sans grands risques et peut amplement satisfaire son besoin impératif d’aventures.
                       - Je ne m’attarde pas, les gars. Il va falloir que j’aille rapidement en ville pour acheter un nécessaire complet de réparation: un grattoir, de la colle et une super-grande rustine. Sans aucun doute, je passerai ensuite vous voir à une heure intelligente... ce soir, chez vous vers dix-neuf heures.
                       - Santé ! Les verres se heurtent joyeusement, une dernière fois.
                       Le festin étant achevé, c’est sans aucune appréhension que nous voyons ce capitaine  indomptable quitter fièrement notre bord. Il s’en va, avec la prestance d’un héros antique, vers le littoral...  à petite allure et la fin de l’histoire.
                       Malgré sa promesse, nous n’avons point revu notre gaillard de la soirée. Idem le      lendemain, ce qui nous a laissé tout le loisir de supputer, en riant, les possibles sinon probables  péripéties inhérentes à la réparation de son bateau. Au cours de la matinée suivante, surpris et quelque peu inquiets de son silence, lors de notre plongée quotidienne nous questionnons par radio le sémaphore de Camarat. La vigie nous rassure immédiatement: aucune disparition en mer n’a été signalée ces jours derniers dans la région.
                        “Allez, soyons sympas, dès cet après-midi, nous irons tous ensemble voir Alain à son camping. Il a peut être besoin de nos services pour la réparation de son engin... ou peut être même pour sa remise à flots. Il ne doit pas oser nous contacter. Le pôvre, on ne va pas le laisser tomber!”
                       Sur le coup de seize heures, alors que nous allions quitter la route de Ramatuelle afin de rejoindre le chemin menant à "la Piboule", une DS rouge, arrivant de Saint Tropez à vive allure, nous grilla la priorité et s’engagea sans ralentir sur la “piste Jassaud”. Nous nous engageons derrière elle à vitesse réduite en brinquebalant au jugé dans le nuage gris et opaque digne du Dakar qu’elle soulève. D’ornières en nids de poules, nous tanguions un maximum en nous cramponnant aux montants du 4x4. Vraisemblablement la voiture qui nous précède est pilotée par un de ces Parisiens qui foncent à tout va . Mais à bourlinguer dans cette poussière, notre visibilité ne devait pas excéder celle d’un jour de fog dans les faubourgs de Londres.  Donc, prudence : Avec de telles conditions atmosphériques locales, il est préférable de ralentir et surtout de se laisser distancer pour y voir un peu mieux.
                        Bien nous en a pris, car arrivant au dernier virage avant le campement de notre ami,  face à l’entrée de “La Vigneraie”, ferme viticole bien connue, nous rattrapons brusquement la voiture qui nous précédait car elle est arrêtée en travers du chemin. Une fois la poussière dissipée par la brise nous découvrons, solidement campé devant son capot, un individu hirsute en pantalon de velours qui gesticule avec véhémence. Ce vénérable vieillard aux cheveux blancs en bataille est armé d’une antique pétoire de braconnier qu’il braque avec une vigueur toute méridionale en direction du Parigot  pétrifié de peur derrière son pare-brise.
                         Lulu stoppe son Toyota.
                         Misère ! Le Parisien ... c’est notre disparu ! Dans quel guêpier s’est-il encore fourré ?
D'un bond, Lucien s’interpose entre les antagonistes. Lissant d’une main sa moustache de gendarme (8), de l’autre il détourne avec dextérité le vieux fusil du paysan  et proclame :
                        - Halte au feu !
Ouf, la tension baisse.
                        - Hé bé... mon bon Paulo, qué se passe ?
                        - C’est ce fi-de-pute de tourisse. Ce demi-fou, ce va-et-vient... ce parisien de mes deux !... et, reprenant son souffle : Que de toute la journée, depuis trois jours, il nous escagasse et nous enfumasse de toutes les poussières... ce bougre de casse-couille, ce fouteur de m... mais attention... Que je vais te le pulvériser, moi !
                       - Je te comprends, Paul, je te comprends! Mais, j’y pense... n’est-ce point là ton locataire du carré de mimosas ?

                    - Pardi mon brave , que je le connais ce sacré couillon : c’est le navigateur, je le reconnais ! Vé tu peux me croire, je venais ici tout esprès pour le rencontrer.

                   - Écoute un peu Paulo et laisse-moi faire. Pour sûr que je vais te le calmer ton agitateur de poudre... Rentre donc chez toi, sois tranquille ! 
                      - Hé bé vois-tu, petit, je te fais confiance ! De ce pas, je m’en retourne illico étudier le résultat complet des courses à la TSF.
                     L’incident est clos. Alain, blême, est resté sans voix, soudé à son volant. Notre médiateur prend place à côté de lui et l’incite à repartir. Nous rejoignons au ralenti l’aire de camping de l’aventurier. Le visage crispé, il s’extrait laborieusement de son véhicule et rejoint avec difficulté le auvent de sa caravane. Bizarre ! 
                     - Un petit coup de rosé bien frais s’impose mes amis. Asseyez-vous! Marthe - je vous présente mon épouse - voici mes bons copains plongeurs.
                     Se tournant vers elle, il lui adresse ces quelques mots qui nous surprennent:
                     - Chérie... Veux-tu avoir l’obligeance de me retirer mon tee-shirt?
                   Alors, d’un mouvement rigide du buste, rappelant à s’y méprendre la salutation germanique d’un Erich von Stroheim (9) de banlieue, il se penche vers sa "chérie". Avec mille précautions elle le déshabille puis déroule la large bande de tissus dont il est ceint .
                   Stupéfaction, c’est le corps d’un véritable supplicié au knout (10) qui apparaît. De la nuque à la ceinture, son dos est couvert de balafres entrecroisées. Certaines, les plus larges, sont jugulées par des catguts, travail de professionnel à coup sûr. Le tout est agrémenté d’un rutilant badigeon rouge mercurochrome du plus bel effet dramatique.
                     Il faut vous dire, mais peut-être l’aviez vous déjà remarqué, Calamity-Alain ne fait rien à demi, et, dans la série catastrophes, il peut monter sur la plus haute marche du podium... Sans avoir à rougir, si l’on peut dire... Pardonnez-lui !
                     Nous sommes stupéfaits de le voir en si piteux état. Interdits, nous ne savons que dire: Quelle catastrophe a bien pu s’abattre encore sur lui? Compatissants, nous retenons le sourire qui nous accable alors que nos regards qui se croisent en disent long sur nos pensées.
                    Sentencieux, le blessé prend la parole :
                    - Ne riez pas, les gars. Vous savez, les accidents, ça n’arrive pas qu’aux autres... 
Et de nous conter le dernier épisode: Alain, le Retour.
                    Le rapatriement de l’engin jusqu’à la côte avait été un peu longuet, mais sans véritables soucis. Sous la chaleur accablante d’un soleil sans pitié, il avait retiré sa tenue de plongeur pour ne conserver que son slip de bain, ainsi il sentirait beaucoup plus à l’aise pour charrier son matériel.
                    L’arrivée sur la plage de Moorea de cette épave évoluant avec difficulté parmi les yachts somptueux et les cigarettes de luxe fut très remarquée par la foule et grandement appréciée par les enfants. Ils avaient même applaudi l’exploit: un capitaine reste son à bord tant que flotte son navire.
                    - Monsieur ?... Monsieur ?...
                   Les questions fusaient, les gamins voulaient tout savoir... Leur aide lui aurait été précieuse mais il est vrai qu’il n’était pas d’humeur à les supporter. Il maugréa entre ses dents et les écartant,  d’un geste il s’attela à l’ouvrage.
                 

Précaution première, sauvegarder son inestimable coquillage et le tenir hors d’atteinte  de tous ces jeunes écervelés, le déposer loin de la foule, dans l’herbe, à la lisière du sable... Là, c'est parfait!
               Après avoir désarmé son canot et entreposé tout son attirail près d’un groupe de baigneurs indifférents, il s’essaya à hisser son épave sur la plage. Dur-dur de jouer seul les bateliers de la Volga sous le soleil de la canicule! Peinant comme un forçat, tout en marchant il répétait de droite et de gauche: pardon monsieur... pardon madame... Veuillez m’excuser... un peu de place...  laissez passer s’il vous plaît... attention... merci... merci!
                     Passe encore de tirer, mais parler... de surcroît...
                    S’étant arrêté un instant pour souffler et réfléchir, la bonne solution lui était apparue, simple et lumineuse : s’il ne voyait plus les gens devant lui à l’évidence il n’aurait rien à demander. Sa seule préoccupation serait alors d’avancer en marche arrière. Gagné ! De plus, cela lui permettrait de mieux soulever son fardeau qui aurait ainsi une moindre portance au sol d’où une meilleure glisse.
                      Bravo ! La foule compréhensive s’écartait à son passage, comme prévu. Sans un mot il progressait à reculons.
                      Ouf ! La traversée de la plage se terminait. Du coin de l’œil il louchait sur les premières taches de verdure.
                      Cherchez l’erreur... Un cri déchire l'air stagnant de la côte !
                      Dans sa marche aveugle, sans aucunement s’en rendre compte, Alain venait de poser   son pied nu sur la précieuse nacre. Éclatant de toutes parts, dans une ultime réaction de défense, le mollusque réussit à faire glisser et choir son tortionnaire à la renverse. Les jambes de l’abominable escogriffe se dressant brusquement vers le ciel, son dos fut irrémédiablement plaqué au sol et dans un fracas de tempête il écrabouilla  avec violence et sans rémission l’innocente victime.
                      Vexé comme on peut l’être lors d’une chute sans gravité devant témoins, le maladroit se releva prestement d’un bond.
                     Il se félicitait déjà de sa dextérité à réagir lorsqu’il dû se rendre à l’évidence, l’irrémédiable venait de se produire: un véritable massacre, rien ne subsistait de la superbe coquille si ce n’est de médiocres éclats tranchants et gluants épars dans les herbes.
                      Il n’avait pas tout vu. Et pour cause ... son dos lacéré en tous sens par les tessons nacrés, n’était plus qu’une vaste plaie sanguinolente ... Ni d’ailleurs rien ressenti sur l’instant...
Vinrent à la suite, douleurs, docteur, clinique, infirmière, piqûres et sutures. Bref, le grand jeu, comme il est de coutume avec ce phénomène !
                 Mais la bête est dure.
                      Surtout, pas question de se faire soigner à domicile... “L’hosto c’est pas fait pour les chiens”, d’où les “va et vient” journaliers intensif et rapides effectués joyeusement sur la tôle ondulée de la “Piste Jassaud”... et pour  conclure, “l’attaque de la diligence”.
                     Le rosé des “Maîtres Vignerons de St Tropez”, frais et gouleyant, est là pour nous ramener à la dure réalité de la vie : il n’y a que “ lui ”, Alain, qui soit un “ accident ”. 
                      Bien sûr !
                      A votre bonne santé, mes Frères !

           
(1)  Ensemble de deux bouteilles d’air compressé réunies en un seul réservoir.
 
(2)  Conglomérat de sable et de rhizomes de posidonies démarquant la limite des herbiers.

(3)  Restaurant réputé, reconnu comme spécialiste de la langouste et de la bouillabaisse.

(4)  C’est moi ! (avec mon bonnet de laine rouge).

(5)  Pinna Nobilis. Coquillage bivalve, ressemblant à une moule ... de grandes dimensions.

(6)  Peut atteindre 90 cm à 1 mètre de hauteur et 35 à 40 cm dans sa partie la plus large.

(7)  Vit généralement plus près de la surface, entre -10 et -30 mètres.

(8)  Lulu (Lucien Garcin) à été gendarme dix-sept ans à la brigade de Saint Tropez.

(9)  De son vrai nom Erich Oswald Hans STROHEIM von Nordenwall,  dit “ L’homme que vous aimeriez haïr”. (1885-1957). Grand metteur en scène et acteur célèbre d’origine autrichienne. Il interpréta de nombreux rôles d’officiers allemands avec succès, tant en Europe (la Grande Illusion avec Pierre Fresnay) qu'à Hollywood notamment dans “Five graves to Cairo” ou il incarne le général Rommel surnommé “le Renard du Désert”.

(10)  Fouet russe à plusieurs lanières de cuir, utilisé autrefois dans les punitions corporelles.

 La Plage de Pampelonne, entre le Cap St Tropez et le Cap Camarat.

0003-7411 Presqu'île St TROPEZ

 

Petite nacre.

1443-Petite-NACRE.jpg

           
 

Pinna nobilis

0324 Grande NACRE



Lulu " Le Pacificateur ".

0001-LULU-G-jpg

 

" Il faut que je vous dise :

Ne croyez surtout pas que PAPYCOUSTEAU soit un affabulateur.

Cette histoire est véridique, je m'en porte garant.

D'ailleurs, vous qui le connaissez, vous le savez parfaitement

et je le confirme ici pour les autres, toutes les souvenirs qu'il évoque

sont réellement de vrais récits qu'il écrit ou raconte pour notre plaisir. "

                                                                           Lucien GARCIN  (De l'au-delà).

 

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Published by PAPYCOUSTEAU - dans HISTOIRE DE PLONGER
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commentaires

ginette boudreau 25/03/2014 15:51


Ouf ! Je suis vraiment soulagée.  J'ai lu avec crainte et appréhension votre récit  Triste plongée .. jusqu'à la fin, j'ai cru qu'Alain y avait laissé sa peau.. Deo Gratias
!!    Merci pour ce récit intéressant et bonne journée.!!

PAPYCOUSTEAU 25/03/2014 16:48



Il faut bien une petite de mise en scène pour amener le lecteur à lire l'histoire jusqu'au bout. Merci de m'avoir suivi et de ce petit mot.



garcin,colette 14/11/2010 22:03



merci michel


je ne me souvenais pas de cette histoire ,  en te lisans on s'y croirait encore



PAPYCOUSTEAU 15/11/2010 00:26



Merci coco, tu me fais chaud au cœur.



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