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  • : Le blog de PAPYCOUSTEAU
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  • : Voyages, plongée-sous-marine, récits, histoires, citations, pensées, maximes, proverbes du monde entier. Le tout illustré par des photos de France et d'ailleurs...
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11 avril 2014 5 11 /04 /avril /2014 23:41



                              FAIRE UNE  DERNIERE  PLONGEE


                                                                                                                        Car j’avais rendez-vous,
                                                                                                                                        avec lui ce soir,
                                                                                                                                                à Samarra.
                                                                                                              William Somerset MAUGHAM.(*)




                  C’est le début du mois de Juillet. Sur la Côte d’Azur le temps des vacances est revenu à la grande satisfaction de tous et plus particulièrement des plongeurs.
                 En ce tranquille matin estival, l’immensité du Golfe de Saint-Tropez resplendit sous la douceur d’un soleil sans voile. La mer argentée fait miroiter tout le bleu du ciel au rythme ondoyant des vaguelettes. L’air est vif et revigorant.
                             Il fait bon vivre!...
                           Vous, qui aimez naviguer, vous avez tous, j’en suis certain, remarqué ce fait singulier : En mer, chaque saison dispose de quelques rares et troublantes matinées qui exaltent nos perceptions. Un je ne sais quoi d’une densité quasi surnaturelle imprègne imperceptiblement nos sens, envahit notre esprit, métamorphose nos émotions. Une énergie vivifiante et tranquille occulte le présent banal. Le monde nous appartient.
                            On ne peut le nier, c’est assez impressionnant !
                           C’est dans un tel état d’esprit que je contemple l’immensité qui s’étale

devant moi à l’instant où commence ce récit. Je suis installé à l’avant de "L’Idéal", assis sur le guindeau. Nous traversons le Golfe à bonne allure pour rejoindre un site de plongée. Je me laisse bercer par les amples mouvements du bateau. Ma pensée vagabonde dans une méditation sans fin sur la joie de vivre. Je suis en pleine forme et je me sens bien !
                        Partis du vieux port de Saint-Tropez, nous achevons la traversée du Golfe et après avoir doublé la cité de Sainte-Maxime, nous cinglons en direction du récif des “Sardinaux”.
                      Quelques instants plus tard, notre vieux chalutier s’avance à petite allure sur la zone de la balise dénommée à juste titre le feu de “La Sèche à l’Huile”.
                             Point mort, parfait Capitaine !
                       Doucement le navire glisse sur son erre. Il s’immobilise de lui-même au-dessus d’un petit fond rocheux, situé à une encablure à l’ouest du signal. Pas le moindre souffle de vent ne vient iriser la Grande Bleue. Calme plat. Le silence de la mer évoque quiétude et douceur de vivre.
                         Soudain un vacarme agressif fracasse avec cruauté ce matin de cristal.
                         Je sors de ma torpeur et reviens...  sur terre.
                     Larguée pour le mouillage, notre chaîne d’ancre se déroule avec violence dans l’écubier. Hurlante et frénétique, elle lacère les flots en un sifflement de mitraille. Happée avec colère, elle file, tirée vers le fonds par son ancre et s’enfonce dans les abîmes déchirés.
                        Rêve paisible et réalité cruelle en un seul et bref instant conjugués. Sur le pont personne ne s'est avisé de ce détail, les signes précurseurs du destins ne sont pas toujours compréhensibles.
                Tout un petit monde se presse à l’arrière du bateau autour de Claude Gavory, notre  big boss, dont la voix de stentor regroupe équipage et passagers.
Chaque plongée se doit d’être préparée avec minutie par la description générale du site et le rappel des consignes de sécurité strictes et précises.
                   Ce briefing, de règle à bord de L’Idéal, est un moment particulièrement apprécié de nos plongeurs. D’autant plus que "Mac Gavor", dont la pédagogie et la précision de son laïus souligné par un humour percutant, par son dynamisme et la malice qui étincellent dans le bleu clair de ses yeux, sait retenir l’attention de tous. Y compris celle des vieux briscards, qui, s’ils connaissent les discours du Maître, attendent toujours avec vigilance et curiosité, le trait inattendu ou le “bon mot” qui émaille son speech. Toujours renouvelé, ce petit rien, véritable anti-stress, déclenche rire et bonne humeur avant l’énoncé des palanquées et leur ordre de départ. La décontraction est l’assurance d’une bonne plongée.
            Le trio de "vieux plongeurs" qui m'est confié est impatient d’explorer ce “Tombant de la Grotte” réservé aux initiés des plongées profondes. Toutefois, en élèves studieux, ils écoutent les renseignements complémentaires que je leur prodigue et le timing relatifs au long parcours que je me propose de réaliser en leur compagnie. Pour la notoriété de notre Club, surtout avec de tels compagnons, pas question de faire une quelconque plongée bidon.
              Par bonheur, ce matin, la clarté des eaux est exceptionnelle. Le site à découvrir est sous un éclairage parfait : à cette heure, déjà haut placé dans le ciel, le soleil illumine merveilleusement les paysages sous-marins que nous allons parcourir.
                       C’est le moment adéquat pour plonger.
                     Go! Go!... Les gerbes d’écume se succèdent tout autour du bateau. Sans refaire surface, notre équipe se regroupe sous cinq à six mètres d’eau, puis sur le o.k. manuel de tradition, nous prenons, d'une palme vigoureuse, la direction du large. Nous suivons la “Petite Faille” dont la descente en pente douce nous mène près de l’extrémité du “sec” par moins trente. L’eau est d’une clarté incomparable.
                        - Tout va bien ?  Continuons !
                       Contrairement à la routine, c’est à dire suivre les méandres de la roche, je décide de ne pas faire la “Grande Anse” et de couper au plus court. Le temps gagné nous permettra ainsi de rester un peu plus longtemps sur le site prévu.  Obliquant légèrement à gauche je quitte la roche... et au jugé me dirige en direction de la grotte. Nous nageons maintenant en pleine eau, cela impressionne toujours un peu ... ! Au-dessous de nous, s’inclinant vers les profondeurs, la lande de sable se déroule, uniforme et morne. C’est alors que je remarque une petite gorgone blanche, arbrisseau malingre qui émerge du sol et rompt la monotonie du paysage. Insolite...! Cette "banalité" n’attire pas l’attention de mes compagnons,  nous passons outre.
                         Une contour sombre se profile devant nous. Le relief sous-marin prévu est en vue. Nous l’atteignons en un instant puis nous nous laissons couler le long de la paroi.
                       Le tombant est superbe. Les traits de soleil, jets de lumières obliques, se perdent dans une forêt de gorgones aux couleurs d’un rouge rubis. Les rameaux tortueux de ces gigantesques éventails pourpres et violets aux franges d’or se tendent vainement vers le ciel, projetant leurs ombres bleuissantes vers l’abîme.
                        Moins quarante-deux !
                       La caverne est là, avec son parvis de sable d’un blanc de neige qui nous incite à s’y poser. Nous atterrissons en douceur, créant sur le sol une légère turbulence dont la densité brumeuse voltige aux alentours. La lumière blafarde de ce paysage lunaire se diffuse largement au-delà du porche d’entrée et suffit amplement à éclairer l’intérieur de la grotte dans laquelle nous pénétrons.
                  Notre intrusion y surprend une nuée de petits poissons rouges aux yeux encadrés de deux lignes horizontales claires. Ce sont des Apogons. Affolés, ils fuient devant nous de manière désordonnée. En de brèves et rapides envolées pour ils se réfugient dans les anfractuosités sombres des surplombs rocheux.
                     Après  avoir franchi le seuil de cette antre, levant les yeux vers la voûte, nous en découvrons le magnifique plafond tapissé d’une colonie encroûtante de petites anémones jaunes. Entre les polypes trapus de ces zoanthaires viennent s’incruster de petits diamants argentés. Se sont des bulles d’air, qui, par à-coups, fusent en chapelets de nos détendeurs. Ces perles de vif-argent, sitôt libérées se fractionnent et vont s’écraser sur le plafond de la grotte. Elles y rebondissent, se glissent, s’étranglent, s'insinuent, se coulent et de bouquets touffus en fleurs épanouies dans lesquelles elles s’introduisent, elles vont jusqu’à disparaître dans la roche, absorbées par les infimes et innombrables fissures qui s'y faufilent.
                  Nous progressons, avec d’infinies précautions, jusque dans la  partie où la luminosité des lieux est la plus réduite. Dans le faisceau de nos lampes, nous découvrons un renfoncement de la caverne d’une beauté féerique qui stimule la curiosité de notre groupe. Les lieux, similaires au boudoir d’une altesse royale, sont somptueusement tapissée d’un velours de corail rouge. Des milliers de polypes blancs, minuscules fleurs animales en relief, s’agitent fébrilement sur le vermillon de leur branches porteuses. Ils cherchent à saisir, pour les dévorer, les infiniment petites proies qui se hasardent dans leur espace.
                 Dans la sérénité apparente de ces eaux paisibles, c’est néanmoins, comme toujours et partout la lutte incessante pour la vie. Cette volonté de vivre, caractérisée par une frénésie aussi gracieuse que violente revêt ici la forme d’une beauté inoffensive. Sournoisement s’y dissimule la dangereuse menace qui plane sur un petit monde microscopique dont le destin, entre autre, est de servir de nourriture à ces pièges vivants.                       
              J’ai sorti de ma poche la grande loupe mythique préconisée par Marcel Desgoulanges. Elle circule de main en main. Nos yeux émerveillés ne se lassent pas d’apprécier les merveilles de la nature amplifiée par cette microsco-poche. Ce simple amplificateur de vision nous révèle une foule de minuscules détails qui passeraient inaperçus à l’œil nu.
                  De passionnantes minutes s’écoulent et lorsque je récupère mon engin, tous les regards se tournent vers moi pour connaître la direction à prendre. Je profite de cette opportunité pour indiquer, en tapotant du doigt sur ma montre, que dix-huit minutes se sont écoulées depuis le début de notre immersion. Mon aladin (1) indique d’ailleurs que nous sommes sur le point d’entrer dans la période des premiers paliers à trois mètres.
             Il est grand temps de faire demi-tour car, en plongée, le Temps et la Profondeur sont une Menace. L’eau, milieu hostile par excellence, est un Danger permanent avec lequel la moindre incartade peut tourner au drame.
                La visite se termine sur la vision fugitive d’un grand congre curieux qui risque un œil hors de son repère, le temps d’identifier les troublions qui défilent devant lui ...
                  Les reflets profonds aux reliefs azurés du Grand Bleu nous indiquent la sortie. Nous quittons à regrets les trésors de la grotte et nous nous retrouvons en pleine eau.
               Nous nageons en direction de "L'Idéal" et reprenons lentement de la hauteur pour nous rapprocher de la surface. Après avoir acquis une quinzaine de mètres à la verticale nous atteignons le droit du tombant. Nous apparaît alors le plateau sablonneux de la bronde avec ses premières posidonies. Je m’oriente et choisi de rejoindre le  mouillage en traversant une partie cet l’herbier. Je pense que ce nouvel itinéraire nous sera favorable sous tous les rapports : effectué en eaux peu profondes ce retour nous offrira un paysage plus divertissant que celui de l’aller et nous permettra surtout, au cours de la promenade, de sortir des fastidieux temps de paliers... à la satisfaction évidente de ma palanquée et de moi-même en particulier...
                     J’emprunte une faille qui progresse en pente douce en direction de la balise. Le groupe me suit sans trop s’attarder. A mi-parcours, une fois atteinte la zone des six mètres, nous apprécions ce qui s’appelle le loisir de flâner : Un magnifique spirographe déploie sa corolle sous nos yeux... puis nous croisons plusieurs bancs de saupes argentées à rayures d’or, poissons des faibles profondeurs qui broutent paisiblement la prairie marine et s’écartent à notre approche. Quelques compagnies de sars indifférents nous regardent passer, l’œil rond et inexpressif. Derrière une roche, un trio de grands corbs, magnifiques carnivores en quête de petites proies dissimulées dans l’herbier, restent à l’affût, immobiles face au léger courant. Ce dernier nous pousse vers les hauts fonds, ainsi, nous rejoignons sans effort les éboulis sur lesquels notre bateau est ancré.
                      Un bref regard sur mon ordinateur confirme mes prévisions : au cadran s'inscrivent seulement trois petites minutes de dessaturation à effectuer.
                   Aucun de mes plongeurs n’ayant utilisé sa réserve d'air, je décide de prolonger notre exploration en faisant le tour de la balise. Parfaire notre décompression en évoluant parmi les labres verts, les castagnoles espiègles, les serrans tigrés, les perches de mer au regard cruel ou les girelles quémandeuses n’a rien d’une corvée... Nous passons d’agréables instants décontractés avant de remonter à bord de notre bateau.
                 Mes camarades se déséquipent tandis que je commente notre périple. Ce faisant je m’équipe d’une nouvelle bouteille d’air car au retour de plongée, les moniteurs effectuent souvent le baptême d’un où deux débutants sur de petites profondeurs. Dans un esprit de sécurité, afin de ne pas me retrouver à court d'air, je préfère me munir d’un bloc plein. Je me remet à l’eau et j’attends de réceptionner une ravissante jeune fille lorsque notre Capitaine,  Charly, se penche vers moi et m’informe que cette naïade est la nièce de P’tit Louis, lequel, naturellement, se réserve le privilège d’en faire son élève.
                        C'est tout à fait compréhensible ! Le voici d’ailleurs qui fait surface avec sa palanquée. Nous apercevant il vient nous rejoindre et s’interpose entre nous de manière significative. Souriant, il me lance un “pas-touche” péremptoire.
                    Désœuvré, je m’apprête à remonter à bord lorsqu’une idée géniale me passe par la tête : Pourquoi ne pas aller regarder de plus près cette gorgone passée inaperçue aux yeux de ma palanquée? Il faut vous dire que le rêve inavoué de tous plongeurs est de trouver une amphore. Or, fait bien connu de nous tous, les gorgones ne peuvent créer une colonie et proliférer à même le sable, elles doivent  obligatoirement  se fixer sur un substrat solide.
                Hé hé! Qui sait ce qui ce cache là-bas? L’occasion est tentante de rapporter une preuve supplémentaire de cette évidence. Et trop séduisante ! J’ai encore bien présent à l’esprit le parcours emprunté. Profitons-en ! J’ai du temps devant moi et plus d’air qu’il n’en faut pour un court périple. Néanmoins je dois faire attention à ne pas trop m’attarder au fond.  Hé oui ! Si je ne veux pas être dans l’obligation de me taper une interminable et indispensable séance de paliers je dois avoir en permanence à l’esprit qu’il s’agit là de deux plongées profondes et  consécutives.
                         Mais qu’importe !
                        - Ho! Charly ! Dis-moi un peu, puisqu'il n'y à pas d'autres baptêmes, j’ai envie d’aller voir quelque chose au bout du “sec”, ça marche ?
                    - D’accord Michel, mais “gaffe aux paliers”, tu est déjà bien “chargé” avec ta profonde à “40”.
                     Je réponds en silence par le signe “o.k. compris ” en gardant le bras levé au-dessus de la tête et tout en expirant à fond je me laisse engloutir par les flots.. C’est parti ... !
                Je fais le trajet allant jusqu’à la pointe du sec en restant près de la surface, sur la ligne de crêtes. Légèrement plus bas sur le tombant qui défile maintenant sous  moi, je remarque les flashes d’une palanquée de photographes. Le moniteur, m’apercevant, me fait de loin un geste amical... c’est mon vieux copain Claude Mouginot et son groupe de sportifs de Nancy qui débutent leur plongée.
                  Arrivé à la verticale du promontoire rocheux je choisis ma direction,       bascule et descends vivement au ras du sol.
                       Moins trente-six.
                      Avec mon poignard de plongée je trace sur le sable une profonde rainure tout au long du trajet, elle sera mon fil d’ariane pour un retour direct, sans tâtonnement. Une sage précaution me semble-t-il.
               J’accélère mon jeu de jambes. Je tiens à parvenir le plus rapidement possible sur mon objectif. La pente s’accentue, moins quarante, rien en vue. Mais où est donc passée cette gorgone? Je remonte de quelques mètres pour effectuer un rapide tour d’horizon. Rien! Ou plutôt si... je discerne au loin  la masse sombre du tombant.
                     Bon sang, je suis allé trop à droite. Je rebrousse chemin.
       Que dois-je faire? La prudence me conseille de renoncer car mon “profondimètre” affiche déjà un premier palier. Je commence, lentement, à reprendre un peu de hauteur tout en scrutant le fond.
            Soudain, je l'aperçois ! Je me surprend à sourire. Elle est là, je la vois ma solitaire ! Quelques vigoureux coup de palmes me propulsent vers elle et je me laisse carrément tomber dessus. Positionné à genoux, je glisse la main dans le sable. Mon cœur se met à battre la chamade. Une masse dure, légèrement bombée, est prisonnière du sol sous ma gorgone.
                   A ne pas en douter, c’en est une ! Pour sûr je l'ai trouvée ... ma "gargoulette" !!  Youpi !!!
            Allez, au travail ! Fébrilement, j’en dégage les abords avec mon solide poignard de plongée. Dans le sable je fais progresser la lame en suivant un profil longiligne. Pas de doute, c’est bien ça ! En grattant ainsi le sol je soulève un nuage de fine poussière qui se propage tout autour de moi. Une nappe de brouillard dense et laiteux se forme aux alentours. Je n’y vois plus rien, c’est une véritable purée de pois qui stagne sur une épaisseur d’environ un mètre au dessus du fond.
               Je me redresse puis d’un geste rapide je quitte une de mes palmes et à deux mains, d’un mouvement de rame, je provoque un courant artificiel. La vue sur mon chantier se dégage un instant. J’entrevois maintenant ce qui me semble être le corps oblong d’une longue amphore romaine destinée au transport des grains. Je reprends hâtivement ma fouille à l’aveuglette. Je sais combien les secondes s’écoulent avec rapidité et je me rends compte que je me charge fortement en azote...
               Encore une petite minute de travail... juste le temps de déstabiliser ce fond meuble sur lequel l’amphore adhère fortement depuis des siècles. J’en ai le pressentiment, elle va bouger... Aller, encore un petit effort, je suis sur le point de la décoller ! Sous ce qui me semble être l’épaule de l’amphore je glisse ma lame et j’imprime sur le manche un mouvement court et rapide de va et vient. Je persévère un instant avec mon levier improvisé ... et victoire, au gré des secousses, je vois l’eau qui fuse légèrement entre le sol et ma trouvaille.
               Je passe les mains au dessous de ce que je crois être le pilon de l'amphore et, toujours à genoux, je m’arc-boute et soulève. 
                Horreur et déception !...

          Je dois me rendre à l’évidence, ce que je viens de désensabler  n'est pas un vestige de l'antiquité romaine mais ... un très gros obus de marine (2) non explosé. Il est intact, tel qu’il à été tiré en août 1944 lors des combats du débarquement en Provence.
                 Je me ressaisis et consulte mon ordinateur : moins 45 mètres !
                 Oh là là! Merci pour les paliers! ... vingt minutes au total.
                Un battement de jambes et je décolle prestement du fond. Pour m’allèger, je prend une puissante inspiration. Tiens ! L’arrivée d’air se durci. Étrange ! Déjà besoin de ma réserve d’air ? Inquiet, j’abaisse la tige du levier. Aucun changement. La difficulté à inspirer s’intensifie. Invraisemblable, j’ai dû mal actionner le mécanisme ? Mais non, je le relève et je l’actionne une seconde fois, tout en expirant une petite goulée d’air.
                     Rien ne vient. C’est la panne d’air !

                 Merde ... j'ai dû prendre un bloc presque vide dont la tige de réserve est restée relevée par mégarde (3).
                      Angoisse. Décharge d’adrénaline. Très forte...
                    Dans ma tête tout se bouscule :

                 Je suis foutu ! Quel con ! Voilà, t’as gagné mon pote !...

           “Éviter la panique”. Je dois à tout prix éviter la panique !... Facile à dire... J’amplifie doucement mon palmage. Moins 35. En remontant, la pression ambiante de l’eau s’abaisse et l’air se dilate légèrement dans mon bloc. De ce fait, cela permet d’alimenter un peu mes poumons. J’en profite : j’expire très très lentement puis, avec assurance, je reprend une inspiration. Je continue calmement ma remontée. Je me sens mieux. Je me parle à moi-même pour me rassurer :
                     “Allons Michel, tu vas t’en sortir : Il y à quelques jours tu faisais des apnées à moins trente. tu faisais bien souvent des apnées de moins trente il n’y a pas si longtemps. Tu en es toujours capable ... , aujourd'hui ... facile ! : Tu n'as que la remontée à effectuer".
                      Une fraction de seconde je suis saisi d’une irrésistible envie de regagner la surface en gonflant ma “fenzy”(4), de tenter ma chance en risquant le tout pour le tout.
                     Je n’ai qu’une obsession : je veux revoir la surface ! Soudainement une voix intérieure me hurle littéralement dans le cerveau : STOP ! Du calme, Michel ... du calme. C’est un ordre ! Inconsciemment j’obéis. Je réalise dans le même temps que je viens de frôler la panique. Céder à la panique, dans ma situation, c’est une mort certaine et rapide par embolie. J’expire à fond et une courte succion sur le détendeur me redonne avec un peu d’air, de la volonté et de la clarté d’esprit.
                   Je palme à l'économie, du bout des pieds, en ne remuant pratiquement que les chevilles. Cette lente progression freine les besoins mes muscles avides d’oxygène.
         “Et les paliers ?”. “ C’est vrai que, même si je parviens ainsi à rejoindre le bateau, il me sera totalement impossible d’effectuer mes paliers...”. D’ailleurs, il est évident je vais devoir sortir trop éloigné de ce dernier et une fois en surface je n'aurais jamais le temps d’aller reprendre un autre bloc d’air avant de me ré-immerger. “Merde... c’est l’accident de décompression à la sortie, ... la paralysie m’aura stoppé dans les trois minutes”.
                  “Hé ben, tu l'as cherchée, tu l'as trouvée ! La voilà ta dernière plongée !”.

                 Et maintenant, vieux malin ?
                   Que faire ?   Expiration.  Il faut vivre... VIVRE !   Inspiration.
                   Un peu d’air s'infiltre encore dans mes poumons.
               Je veux vivre ! Je continue à progresser dans ma remontée quant au loin, mais carrément à ma droite, côté large, imprécise et confuse m'apparaît telle une vision fantomatique, une colonne d’eau blanche qui se détache faiblement sur le bleu profond de l’abîme et fixe mon attention.  
                     Des plongeurs !
                  Des plongeurs, je ne les vois pas, mais aucun doute, ce ne peut être que des plongeurs. Leurs bulles remontent vers la surface en chapelets compacts, troublant la limpidité des eaux.
                   Je modifie alors radicalement mon parcours. Je commence à palmer dans cette nouvelle direction qui m'éloigne du bateau. C’est mon seul et dernier espoir de survie.
                Un curieux monologue intérieur s’instaure :   “Nage à l’économie Michel”, “Soit calme”, “N’accélère pas”, “Tu vas le faire", "C'est ce que tu enseignes à tes élèves", " Tu peux le faire", " Calme-toi", "Tu vas y arriver", "Tu le peux ! " Tu le dois" !
                     Il faut que je respire...

                  Il me faut de l’air... Je ferme les yeux (gros consommateurs d'oxygène) ...

          Alors seulement j’expire lentement, très lentement ... profondément. Je parviens ainsi à gagner quelques précieuses secondes de répit : Mon subconscient sait que toujours l'expiration est inévitablement suivie d’une inspiration lénifiante... Je prend mon temps, je suce avec difficulté un infime filet d’air.
                   J'entrouvre un œil. Ça y’est, là, un peu plus bas... Ils sont quatre... Ils bougent peu, ils prennent des photos ... il y a des éclairs de flashes.
                Je les distingue mieux maintenant. Eux ne me voient pas. Une bonne vingtaine de mètres nous séparent et malheureusement ils se trouvent plus bas que moi et ils me tournent le dos.

                 Pourvu qu’ils ne s’éloignent pas en passant d’une roche à l’autre...
                   J’ai la peur au ventre... Crever comme ça ! C’est vraiment trop bête !
                 “Un, deux, trois, quatre !”, “Un, deux, trois quatre !”. Je me vide la tête en comptant chacun de mes coups de palmes. Je me rapproche du groupe. Quelle malchance, personne ne me remarque. Je suis encore à un niveau trop élevé et me trouve de ce fait en dehors de leur champ de vision.
                    Ma glotte remonte péniblement et j'essaye de déglutir avec difficulté, je n'ai plus de salive, un feu d'enfer me ravage le fond de la gorge.
                   Encore dix mètres. Je n’en peux plus. Je crache une goulée d’air.            
                 Léger soulagement ... car instinctivement mon cerveau sait que d'ordinaire l'inspiration d'air frais suit immédiatement une expiration. Mais le répit n'est que de quelques secondes : rien n'arrive de mes poumons complétement vides.                                           Plus d'air !
                     Mon Dieu, je vous en prie ... faites que ces plongeurs ne bougent pas.
                     Il me faut descendre à leur niveau. Impératif.
                     La pression augmente, me comprime.
                     Mon cœur s’affole.
                     Cinq mètres... Trois... Deux...
                Avec la volonté du désespoir, je tente un dernier effort. Je tends un bras devant moi...
                   Geste désespéré ... et vain. Je ferme les yeux ...
                   Les poumons en feu, j’éclate.

                Je lâche mon détendeur. Je sens l'eau froide comme la mort qui entre dans ma bouche.

                   C’est la fin !
                   Un ouragan pénètre en moi !
                     .......
                    Je pleure.
                    Miracle. Je vis.
                  Je reconnais Philippe Goffe, le grand Lorrain de la “palanquée Mouginot”, il m'immobilise entre ses bras.
                    Il fait fuser l'air de son détendeur entre mes dents. Il me donne la Vie.
                    Sauvé ! Je suis sauvé ... je suis vivant !
                    Incroyable !
                    L'Ami Mouginot et ses plongeurs m’entourent.
                 À tour de rôle ils m’approvisionnent en air.

                  Lentement nous rejoignions tous ensemble des eaux moins profondes.
                Les interminables paliers ... que du plaisir ! Je ne contrôle rien, les autres sont là. Je passerais des heures en attente aux paliers si besoin était, je m’en fous : Je suis là, vivant ! Vivant je vous dis ! VIVANT !!!
               Nous voici enfin de retour sur L’Idéal où l’inquiétude commençait à poindre sérieusement dans un silence pesant : Tout le monde à bord se rendait bien compte que certains plongeurs devaient être remontés depuis longtemps et que le capitaine, inquiet de leurs absences, tardait à faire l'appel. Soudain le bateau inondé de soleil s'anime et le pont résonne des interpellations joyeuses qui nous accueillent :
               - Alors les gars, on vous croyait déjà perdus corps et biens.
               - C’est vrai, quoi, on attendait ... un faire-part !
            - Oui, on était vraiment sur le point d'organiser la quête pour vous offrir une belle couronne de fleurs.
             Mes sauveurs, silencieux, ne sachant trop que répondre à cette avalanche de lazzis, se sont tournés vers moi.
              - Allez, les amis, on sort le pastis et l’eau fraîche. Tournée générale sur mon compte, s’il vous plaît. On l’a bien mérité. Qu’en dites-vous les gars ? Il ne suffit pas de vivre dangereusement, il faut profiter des bons moments de la vie ! Non ? Qu’en dites-vous ?
           Rires et applaudissements me rassurent quant à l’opportunité de cette honnête proposition.

         D’un geste, je demande un retour au calme pour reprendre la parole :     
           - S'il vous plaît, écoutez-moi amis plongeurs, je tiens à vous dire que ce matin j'ai fait une extraordinaire découverte : La Baraka, ça existe ! Oui,  je vous l'affirme, sérieusement, la Chance, ça existe. Vous en voulez la preuve : Je l'ai saisie à bras le corps, moi-même, il y a quelques instants. Je vous certifie qu’il y a à peine une demi-heure, je vivais mon ultime plongée ! Vraiment j'ai cru ma dernière heure arrivée. J’ai bien failli de pas être actuellement à même de vous raconter les méfaits d’une plongée de trop ! Il y a de quoi méditer sur mon aventure car je viens de faire ce que l'on peut qualifier être " une plongée de trop".  On peut toujours penser que Livre Noir de la Plongée ne s’ouvrira jamais pour soi-même ... Que l’accident, ça n’arrive qu’aux autres, c’est bien connu. D’accord ?
             Ce préambule surprend mon auditoire car en fait personne à bord n’a eut la moindre idée du drame qui se jouait en plongée il y a quelques minutes. 
              - Je sais que vous ignorez les causes de notre retard aussi je me fais le plaisir de vous présenter “mes sauveurs”.
                  Brièvement j’explique ma mésaventure... et je m’empresse de conclure :
         - C’est une sacrée leçon que je ne suis pas prêt d’oublier. Une plongée profonde, ça ne s’improvise jamais, ça se prépare... toujours!
                 Levant mon verre :
                 -  A notre bonne santé à nous tous et vive la Vie !
                Puis, me tournant vers mon sauveteur : 
              - Mon cher Philippe, sincèrement je ne sais de quelle façon je vais pouvoir te remercier : sans toi, je disais adieu à la vie !  A propos, j’ignore comment tu m’a tiré de ce mauvais pas. Je dois te dire que lorsque je suis arrivé sur votre groupe, j’étais déjà dans le coltar. 
              - Ben, quand j’ai senti que, derrière moi, on agrippait mes palmes, je me suis retourné. À voir la tronche que tu faisais dans ton masque, j'ai tout de suite compris et je n’ai pas attendu que tu me fasses le signe  “je n’ai plus d’air ”. Je t’ai collé mon embout dans la bouche... Tu connais la suite. À vrai dire Michel, tout l’monde le sait bien, quand c’est pas l’heure... c’est pas l’heure ! Y’a rien à ajouter.
                   Une pause, puis il reprend :
               - Ah oui, tu voulais me remercier ?  Hé bien, je vais te dire,  toi-même tu l'as déjà répété cent fois... " Il n'y a pas de bons plongeurs, il n'y a que de vieux plongeurs " Alors Michel, il me suffira de savoir que tu respectes l’adage de ces vieux plongeurs : NE PLONGE JAMAIS SEUL. Sincèrement, là, tu me feras le plus grand de tous les plaisirs. C’est très facile, ça ne coûte rien et ça peut durer très longtemps. C'est mon souhait !
              Laissant dans l’air un subtil parfum anisé, L’Idéal, nonchalant, trace derrière lui sur le cristal fluide du golfe clair, un sillage argenté qui rejoint l’horizon à l’infini.
                        C’est une journée exceptionnelle.
                        Elle est pas belle la vie ?
                         


(1) Ordinateur de poignet de marque ”Beuchat” permettant de connaître instantanément les temps de la plongée en cours, la profondeur atteinte et les paliers éventuels.

 

(2) À notre retour au port de Saint-tropez je suis allé à la Capitainerie signaler ma découverte. Le Service de Déminage de la Sécurité Civile, dépêchée sur le lieux à fait exploser l’engin dans les heures qui ont suivies.

 

(3) C’était à l’époque où l’usage du manomètre submersible permettant un contrôle réel et permanent du stock d’air n’était pas généralisé. La robinetterie de la bouteille comportait un dispositif de sécurité: un petit levier actionné par une tige coulissante, dite “de réserve” le tenait en “position levée” après gonflage. Lorsque la pression du bloc descendait à 30 bars, un pointeau à ressort taré venait étrangler progressivement le flux d’air. Une traction sur la tige de réserve permettait d’abaisser le levier qui rétractait le pointeau, libérant l’air inemployé. La réserve était alors dite "ouverte" ou "tirée". Cet instant était le signal impératif de "fin de plongée" qui commandait impérativement le début de remontée vers la surface de toute la palanquée.

 

(4) La “Fenzy”, était une collerette gonflable en tissus caoutchouté de couleur orangée. Elle porte le nom de son  inventeur, un ingénieur roumain travaillant en France pour la Marine Nationale. Elle servait de bouée d’équilibrage et de parachute ascensionnel lors des remontées de plongées profondes. Elle a été supplantée par le “gilet stabilisateur” ou “jackette” et n’est plus utilisée de nos jours que par les nostalgiques des temps héroïques de la plongée. 

(*) William Sommerset MAUGHAM (1874-1965), dramaturge et romancier britannique raconte :

La Mort Parle : A Bagdad, un jour, un marchand envoya son serviteur acheter des provisions au marché, mais bien vite il le vit revenir, blême et tremblant de peur. Le serviteur lui dit : Maître, il y a un moment, je me trouvais sur la place du marché et une femme m’a bousculé dans la foule; or, en me retournant, j’ai vu que c’était la Mort qui venait de me bousculer. Elle a fait vers moi un geste de menace. S’il vous plaît, prêtez-moi votre cheval afin que je fuie cette cité pour échapper à mon destin. Je galoperai jusqu’à Samarra et la Mort ne m’y trouvera pas”. Le marchand lui prêta son cheval et le serviteur le monta, lui enfonça ses éperons dans les flancs et s’éloigna au grand galop. Alors le marchand descendit jusqu’à la place du marché et, lorsqu’il me vit, debout dans la foule, il vint à moi et me demanda - Pourquoi as-tu fait à mon serviteur un geste de menace en le rencontrant ce matin ? - Mais ce n’était pas un geste de menace, répondis-je, ce n’était qu’un sursaut de surprise. J’étais très étonnée de le voir, ici, à Bagdad, car j'ai rendez-vous avec lui, ce soir, à Samarra.

St Tropez, protégez-moi !

2943-ST-TROPEZ--Soit-fidele-.jpg
 


 
La descente aux enfers.
0043 PAPY en plongée

Je remarque une petite gorgone blanche.
8098-Les-SARDINAUX-Gorgone-blanche-.jpg

   L’œil de l’Apogon.
    020-APOGON.jpg  


  Le banc de Saupes  dans les posidonies.
1609-CAVALAIRE-Banc-de-SAUPES.jpg    

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